Abus de majorité : les actions en nullité de la délibération et en réparation du préjudice subi ne sont pas soumises à la même prescription.

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Abus de majorité : les actions en nullité de la délibération et en réparation du préjudice subi ne sont pas soumises à la même prescription.

L’article L.235-9 du Code du Commerce dispose que l’action en nullité d’une délibération d’associés ayant été déclenchée par un abus de majorité est prescrite au bout de trois ans.

Cependant, qu’en est-il de l’action en réparation du préjudice subi résultant de l’abus de majorité ?

La cour de Cassation aborde dans un arrêt récent la question de la prescription en matière d’abus de majorité.

Les faits soumis à la Haute juridiction

En l’espèce, une L’un des associés conteste la La cour d’appel de Lyon refuse de faire droit à ses demandes en faisant valoir que l’action en nullité comme l’action en responsabilité fondée sur un abus de majorité se prescrit par 3 ans.  L’associé se pourvoit alors en cassation.

Décision de la cour de cassation

La Cour de cassation casse et annule en toutes ses dispositions l’arrêt de la Cour d’appel.

Si la Haute cour rappelle que « l’action en annulation d’une délibération sociale fondée sur un abus de majorité relève de la prescription triennale prévue par l’article L. 235-9 du code de commerce », elle affirme cependant que ce délai de 3 ans ne s’applique pas à l’action en réparation du préjudice causé par un abus de majorité.

La Cour de cassation rappelle qu’aux termes de l’article 1844-14 du Code Civil, la prescription triennale ne s’applique qu’aux « actions en nullité de la société ou d’actes et délibérations postérieurs à sa constitution ».

L’action en responsabilité fondée sur un abus de majorité se trouve ainsi soumise au délai de prescription de droit commun : 5 ans.

Cass. com. 30 mai 2018 n° 16-21.022

PB Avocats

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